Pourquoi regarder CATCH THE FAIR ONE de Josef Kubota Wladyka ?

Vous ne connaissez pas Josef Kubota Wladyka et pourtant il est l’une des nouvelles coqueluches du cinéma indépendant américain. Repéré par Spike Lee, qui a produit son premier film en 2014, Manos Sucias, ce jeune prodige a trouvé un second mentor en la personne de Darren Aronofsky pour son film suivant, Catch The Fair One. On comprend ce qui a tapé dans l’œil du réalisateur de The WrestlerCatch The Fair One porte le même regard sur les corps meurtris par les sports de combat, et suit le quotidien éprouvant d’une boxeuse sur le retour dans un style réaliste et sans fard.

Toutefois, Josef Kubota Wladyka apporte un petit twist à ce prototype de récit rédempteur, revisité ponctuellement par Paul Schrader (Sur le chemin de la rédemptionThe Card CounterMaster Gardener). Si Kaylee “K.O.” Uppeshau s’entraîne tous les jours avec sa coach malgré ses douleurs dorsales, ce n’est pas pour remonter sur le ring mais pour se lancer dans une mission-suicide à la recherche de sa petite sœur kidnappée et intégrée de force dans un réseau de trafic sexuel. Au bout d’une demi-heure, Catch The Fair One révèle sa vraie nature de vigilante, ces films d’auto-défense rendus populaires par Clint Eastwood (L’Inspecteur Harry) et Charles Bronson (Un Justicier dans la ville) dans les années 70.

Kaylee n’est cependant pas une justicière comme les autres. C’est une femme, et en tant que telle, elle s’expose beaucoup plus au danger que ses illustres semblables. D’où le suspense insoutenable que parvient à maintenir Josef Kubota Wladyka une fois que la boxeuse intègre le réseau de prostitution. Elle remonte un à un les étages de la pyramide du mal, non sans frôler à plusieurs reprises mort et sévices, jusqu’au sinistre mac en chef dans son château bâti sur le sang de centaines de femmes.

Catch The Fair One n’est pas un vigilante comme les autres. Aux relents réactionnaires et rances des films des années 70, le film de Josef Kubota Wladyka oppose une variation féministe et politique. Car Kaylee est amérindienne, et le réseau qu’elle affronte est un groupe d’hommes blancs, riches et impunis spécialisés dans la traite de cette minorité. La fiction rejoint d’ailleurs la réalité, car Kali Reis, interprète bluffante de Kaylee, boxeuse multi-primée et qui débutait sa carrière d’actrice en 2021 dans Catch The Fair One, est aussi activiste au sein du MMWIG, mouvement qui lutte contre les violences et les disparitions de femmes indigènes. Kali, Kaylee, actrice et personnage se confondent dans ce film âpre et brutal, comme un cri de rage envers une réalité passée sous silence.


PARCE QUE ce film coup de poing dénonce les violences faites aux femmes amérindiennes aux États-Unis.

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